Chaque terme de cette équation représente un levier spécifique sur lequel le scientifique peut agir :
1. La Surface spécifique (S) : Le levier galénique
C’est la surface de l'actif exposée au solvant. Comme vu précédemment, la micronisation augmente drastiquement cette valeur. Plus la poudre est fine, plus le nombre de points de contact avec les sucs digestifs est élevé, ce qui accélère mécaniquement la dissolution.
2. Le Coefficient de diffusion (D) : La mobilité de la molécule
Il représente la facilité avec laquelle les molécules de l'actif se déplacent dans le milieu liquide.
- Il dépend de la taille de la molécule (plus elle est grosse, plus D est faible).
- Il est influencé par la viscosité du milieu digestif : un repas très riche en fibres peut augmenter la viscosité, réduire D et donc ralentir la dissolution.
3. L'épaisseur de la couche de diffusion (h) : L'influence de l'agitation
Autour de chaque particule solide se crée une couche stagnante de liquide saturé en actif. Pour que la dissolution continue, l'actif doit traverser cette barrière.
- L'agitation (péristaltisme intestinal) : Des mouvements intestinaux vigoureux réduisent l'épaisseur de cette couche (h), ce qui accélère la dissolution. À l'inverse, un transit ralenti peut limiter ce processus.
4. Le gradient de concentration (C8 - Ct) : La force motrice
C'est la différence entre la solubilité maximale de l'actif (C8) et la concentration déjà présente dans le milieu (Ct).
- Conditions "Sink" : Dans un organisme sain, l'actif est absorbé par la muqueuse intestinale au fur et à mesure qu'il se dissout. Cela maintient Ct très bas, ce qui maximise le gradient et "tire" la dissolution vers l'avant. Si l'absorption est bloquée, la dissolution s'arrête.
Pourquoi le dosage ne fait pas tout ?
Cette loi démontre que la quantité d'actif (le dosage) est secondaire par rapport à la vitesse à laquelle il est rendu disponible.